Le collectif La rue râle

Je suis Charlie

Le Collectif libertaire La Rue Râle est adhérent à la Fédération anarchiste et existe sur le Vercors depuis 2005.

Nous sommes un collectif de lutte sociale qui revendique une société basée sur l’égalité économique et sociale de toutes et tous. Nous pensons que cette égalité ne peut être atteinte que par une révolution radicale basée sur l’émancipation et l’autonomie des individus, libres de toutes autorités ou formes de domination, qu’elles soient physiques ou psychologiques.

Nous organisons des soirées-débats, des Rencontres libertaires, des projections de film,  des tables de presse. Nous sommes convaincus que les alternatives en acte permettent d’expérimenter les bases d’un nouveau modèle sociétal. Pour y contribuer nous circulons avec L’Utobus, une médiathèque sociale itinérante. On peut y emprunter des films, delogo CantinAs CD et plus de 700 livres classés par thème consultable ici. Depuis l’été 2014 nous avons mis en place La Cantin’A. C’est une cuisine militante, ambulante et autogérée qui se déplace sur des événements militants et peut assurer une centaine de repas.

la-rue-rale@riseup.net

f1ff6-amobilPauvre petite France aigre

Ça y est. Nous y sommes. Ce sont ces mots, les mêmes que ceux de Valls ce fameux vendredi noir, qui me sont venus en apprenant la nouvelle. On nous avait prévenus, pourtant. La menace est avérée. Imminente. Il ne s’agit pas de savoir si cela va se produire mais quand. Passé l’incrédulité viennent les questions. Comment en est-on arrivé là ? Comment des individus issus de ce pays, qui ont fréquenté ses écoles, été façonnés par ses valeurs républicaines, peuvent à ce point basculer dans le ressentiment et la haine, rejeter et souhaiter détruire tout ce qui nous fonde ? Comment des messages aussi extrêmes, archaïques et stupides peuvent contaminer ainsi les esprits ?
Bien sûr il y a un terreau. La misère sociale. L’exclusion. L’inculture. Mais le phénomène s’étend aussi à des individus insérés, qui adhèrent soudain à ces messages mortifères. Nous voilà désemparés. Comment lutter contre cette idéologie ? Dès lors qu’on a du mal à en saisir les ressorts aussi bien que les modalités de sa propagation. Alors qu’elle a pignon sur rue, sous ses dehors de modération (toute relative), mais ne s’exprime dans sa plus brutale radicalité qu’à l’abri des regards, dans des réunions confidentielles, au cœur de groupes informels, dans le secret des familles ou de la nébuleuse Toile ? Comment lutter contre la progression d’idées et de messages destinés à abuser des esprits affaiblis par la peur, le manque de culture, d’information, de réflexion, la détresse morale ou sociale, flattant les plus bas instincts, les réflexes les plus primaires ? On n’en finit pas de s’interroger. De chercher à comprendre. Faut-il vraiment en finir avec la culture de l’excuse ? Sans doute. Sur ce point précis. Celui dont je parle. Le vote FN.
Cela fait des années qu’on nous dit qu’il ne sert à rien de diaboliser le FN, et encore moins ses électeurs. Ne pas les condamner. Entendre leur message. Leur colère. Leur détresse. Mon cul. Comprendre quoi ? Le racisme assumé ? L’islamophobie (ou plutôt : la haine pathologique des étrangers ou considérés tels) décomplexée ? L’homophobie décontractée ? Les obsessions nationalistes et sécuritaires à cœur ouvert ? Le retour de la peine de mort ? La remise en cause de l’avortement ? L’avènement d’un Etat policier ? Excuser et comprendre cette idéologie rance que j’entends professée, à mots plus ou moins couverts, depuis mon enfance. Mais qui a longtemps été honteuse. Et se trouve désormais revendiquée, assumée, avec même ce qu’il faut d’arrogance. Notamment parce qu’un beau jour on a décidé que le FN avait changé, qu’il n’était plus si infréquentable, que certaines des questions et même des solutions qu’il portait n’étaient pas si infondées.
Il n’y a pas si longtemps, la jeunesse emmerdait le Front national, et entraînait le pays avec elle. Oui, on emmerdait ferme les racistes, les réacs, les identitaires, les fachos de tout poil. On les emmerdait avec vigueur, irrespect, fierté. Désormais il faut les comprendre, les écouter, et même parfois ne pas tout à fait leur donner tort. Puisqu’une bonne partie de la bouillie qui leur tient lieu de discours a contaminé une certaine droite et ainsi gagné son brevet de respectabilité. Comprendre et écouter cette France moisie qui sort de sa tanière. Parle haut et fier. Et séduit ceux qui n’ont d’autre idée chevillée à l’âme que la haine de tout ce qui n’est pas blanc et chrétien. Parce qu’il faut regarder les choses en face : le vernis social du FN ne trompe personne. Des partis qui prétendent parler au nom du peuple oublié, jugent sévèrement Bruxelles et les politiques d’austérité, se rangent en toutes circonstances aux côtés des dominés, des travailleurs, il y en a d’autres. Mais bizarrement personne ne les écoute. Pourquoi ? Parce qu’ils ont le tort de prôner une société ouverte, progressiste, fière et respectueuse de sa diversité. De combattre les idéologies nationalistes, racistes, identitaires et réactionnaires, qui ne sont qu’une.
Le peuple old school est déboussolé ? Les «petits Blancs» ont peur de voir remis en cause leur mode de vie ? Pauvres chéris. Pauvre petite France aigre, mesquine et ratatinée, si malheureuse qu’elle s’autorise à se jeter sans complexe dans les bras du FN. Je lui préfère la France new school. Métissée, populaire, ouverte, mélangée, combative, progressiste. Celle-là même qui se mêle dans les quartiers meurtris au plus profond le 13 Novembre, mais aussi partout en France, dans ses villes, ses banlieues, ses campagnes. La peste est là. Mais elle ne vient pas de l’extérieur. Nous l’avons secrétée dans nos murs mêmes. Elle vient du plus profond. Même pas peur. Jeunes ou moins jeunes, on emmerde encore et toujours le Front national. Il n’a pas changé. Nous non plus.
Cette chronique est assurée en alternance par Olivier Adam, Thomas Clerc et Camille Laurens.

Olivier Adam

f1ff6-amobilCommuniqué de la Fédération anarchiste

Vendredi 13 novembre, au fil des événements, l’inquiétude grandissante a peu à peu laissé la place à la consternation la plus profonde et à la colère face au bilan sans cesse plus lourd des attentats qui ont eu lieu à Paris : un bain de sang inutile, atroce, nauséabond, rappelant les pires exactions dont l’humanité sait malheureusement se montrer capable.

Les adhérent.e.s et sympathisant.e.s de la Fédération anarchiste sont révolté.e.s contre ces actes de la barbarie. Nous adressons toute notre sympathie aux personnes qui ont subi ces violences, à leurs familles, à leurs ami.e.s, à ceux et celles qui y sont resté.e.s et à celles et ceux qui ont heureusement sauvé leur peau.

Des assassins intoxiqués par une idéologie délirante ont fait régner la terreur à Paris comme ils la font régner au Moyen-orient et en Afrique. Ils peuvent se réclamer d’un dieu ou de la souffrance des populations en Syrie, en Palestine ou ailleurs. Ils ne sont que des meurtriers qui tentent dérisoirement de donner une justification à leurs actes. Ils n’en ont aucune.

Nous rejetons tout autant les tentatives d’amalgames qui n’ont pas manqué d’apparaître. L’essentiel de ce que l’on catégorise comme des populations musulmanes, sont des individus comme les autres : certains pratiquants, d’autres seulement croyants, d’autres encore athées, tous voulant simplement vivre en paix. Nous en avons tous et toutes le droit légitime.

Nous ne cautionnerons pas davantage les accents guerriers que ces exactions ont instantanément suscitées. L’état d’urgence en France, la tentation de soutenir Bacher El-Assad, de redoubler les bombardements sur des objectifs soi-disant ciblés mais qui font toujours plus de victimes parmi des populations civiles prises en otage, déplacées, dépecées. La guerre engendre toujours la guerre.

Nous veillerons enfin à la mesure de nos moyens à ce que les migrant.e.s ne subissent pas les conséquences des exactions commises par ces fous de dieu qu’ils et elles ont fuis en quittant leur pays dans des conditions extrêmes. C’est la solidarité sans faille de tous ceux et celles qui subissent l’oppression, qui permet l’émancipation.

Ni dieu, ni maître !
Fédération Anarchiste